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sexta-feira, 12 de fevereiro de 2021

génération TGV


 Être en train – Récits sur les rails, Éditions de l’Aube, jan, 2021, 17 eurosPrendre le train est une aventure. Instantanés de voyage, réflexions sur la place du train dans nos vies et sur son avenir dans nos sociétés peuplent cet ouvrage. Qui sommes-nous quand nous sommes sur les rails? Qui sont ces voisins que nous ne connaissons pas mais avec lesquels nous allons partager une certaine intimité, parfois pendant de longues heures?Que disent de nous nos «tics de train?», de la peur de ne plus voir sa valise à celle de ne pas être assis à la bonne place? Quels sont les personnages récurrents rencontrés dans un train? Que nous l'empruntions pour le plaisir ou pour le travail, le train offre une suspension du temps dans un espace clos, que chacune ou chacun d'entre nous expérimente plus ou moins régulièrement. Ce livre décortique cette expérience universelle avec tendresse, intelligence et humour. Vous ne prendrez plus le train par hasard.

ENTRETIEN AVEC DAVID MEDIONI

Quel a été le déclencheur de la rédaction de ce livre sur le voyage en train ?
Il est venu de discussions avec mes enfants. Un matin au petit-déjeuner, l’un m’a raconté rêver de prendre le Poudlard Express, le train dans Harry Potter. Quelques jours plus tôt déjà, alors que nous regardions la Grande Vadrouille, tous deux avaient été fascinés de voir l’aviateur anglais manger dans un wagon-restaurant ; je leur ai appris qu’il était même possible de dormir dans certains trains. 

Et bien qu’enfants de la génération TGV, ils en ont perçu le côté magique. Lorsque j’ai repris le train, je me suis donc mis à observer les gens, à essayer de capter leurs conversations. J’en ai tiré un petit texte que j’ai posté sur les réseaux sociaux et qui a récolté de nombreux commentaires. J’en ai conclu qu’il y avait quelque chose à creuser.

Pour la rédaction, vous vous êtes inspirés de 52 voyages réalisés en un peu plus d’un an. Comment avez-vous sélectionné les histoires que vous narrez ?
J’ai divisé le livre en trois grandes thématiques. Tout d’abord, les tics du train : la peur de rater celui du matin, le problème de la valise, le fumeur qui sort à chaque arrêt, la querelle de la place… Des situations que vous pouvez rencontrer à chaque voyage. Ensuite il y a les vies de train : une réflexion sociétale et philosophique sur les passagers. Enfin, la troisième thématique concerne le transport amoureux – que l’on soit fâchés ou que l’on s’aime – un sujet inépuisable… Que ce soit dans le train, l’avion ou la voiture, il y a quelque chose qui se passe avec l’amour et le transport en général. link

domingo, 7 de fevereiro de 2021

Yahne Le Toumelin \ Dzigar kongtrul

 Mr. Namgyel (Dzigar Kongtrul Jigme Namgyel) in his first encounters with Western art, particularly admired the work of Kandinsky and Picasso. Although trained in the traditional Tibetan arts of calligraphy, music and ritual dance, he first began to paint in the mid-1990's under the guidance of the French abstract expressionist     Yahne Le Toumelin. 

Among all the Western painting traditions, abstract expressionism most attracted his interest due to its acceptance of formless technique, which closely mirrors the relaxation of strict discipline found in advanced meditation

https://www.kongtruljigme.com/ 


Like the mind, creativity is a clear mirror that reflects all things.

It is not programed or un-programed.
It is free of a transfixed or static response.

Yahne Le Toumelin  appartient au mouvement de l’abstraction lyrique, tout comme son ami Pierre Soulages. Grandes toiles et couleurs vives, les œuvres de Yahne Le Tourmelin sont créées par le geste et l’envie de restituer la lumière. À partir d'une sélection d'environ 100 tableaux, le livre retrace sa carrière d’artiste animée par une spiritualité profonde et engagée. • Introduction biographique sur Yahne • Période surréaliste • Abstraction lyrique • Portraits du vide.  Cet ouvrage est le premier consacré à son travail. Il sera préfacé par un texte de Matthieu Ricard, son fils, philosophe, moine bouddhiste et traducteur du Dalai Lama.
https://www.amazon.com/Lumi%C3%A8re-rire-du-ciel/dp/2732480223




Delphine de Saxe-Cobourg \ Georges Rémi alias Hergé

 2020: Delphine de Saxe-Cobourg, reconnue quatrième enfant du roi émérite Albert II de Belgique au terme d’une âpre bataille judiciairehttps://www.pointdevue.fr/familles-royales/belgique

Quelques jours à peine après l'arrêt de la Cour d'appel de Bruxelles qui l'a fait princesse, Delphine de Saxe-Cobourg a donné une conférence de presse le lundi 5 octobre 2020 devant une soixantaine de journalistes. Un moment de sincérité.  Elle laisse échapper une larme, incapable de répondre. Puis, elle se ressaisit et avoue en souriant: "Je ne m'y attendais pas." Un journaliste vient de l'interroger sur le soutien que lui a apporté son compagnon, Jim O'Hare, dans sa longue bataille judiciaire pour être reconnue fille d'Albert II de Belgique. L'émotion de Delphine de Saxe-Cobourg en dit long. Son avocat intervient alors: "Une autre question?"

LIRE AUSSI >> Delphine de Saxe-Cobourg, une nouvelle vie?

L'exercice est inédit. Celle qui vient d'être faite Altesse royale par la justice belge se livre. Questionnée par le journaliste flamand Wim Dehandschutter sur ce qu'elle a pu ressentir à la lecture des résultats du test ADN prouvant sa filiation, l'artiste confie sa déception: "Quand le résultat ADN est tombé, je n'ai rien dit, je suis restée silencieuse, espérant qu'Albert et moi serions capables de communiquer […] et de parler de tout ce qui s'était passé et pourquoi. Mais le problème, ce que j'ai compris des paroles de son attaché de presse ou de son avocat, c'est qu'il n'a jamais cru que j'étais sa fille."

"Tout ce que j'ai souhaité, c'est l'égalité avec mes frères et ma sœur. C'est tout!", poursuit l'artiste de 52 ans. L'argent a-t-il été un moteur demande un reporter? La réponse fuse: "Le nom que je portais avant, l'homme dont j'étais l'enfant légitime, était un homme riche, d'une famille très fortunée […] Si je faisais cela pour l'argent, ce serait vraiment stupide de ma part."


https://www.bertrand.pt/livro/secrets-de-famille-mode-d-emploi-serge-tisseron/14943452

Combien de parents dont l'enfant "va mal" seraient très étonnés d'apprendre que son comportement peut être lié à un secret, caché deux générations auparavant pour ne pas "inquiéter inutilement" les descendants ! Qu'est-ce qu'un secret de famille ? Comment se découvre-t-il ? Quel trouble peut-il transmettre ? Ce livre, clair et positif, raconte et explique comment les secrets de famille peuvent agir sur plusieurs générations. Et l'auteur nous donne un mode d'emploi des secrets : comment aller à leur rencontre et éviter ainsi qu'ils ne pèsent sur le destin de nos enfants. Et la première chose à dire à un enfant pour commencer à l’en libérer est : « Tu n’y es pour rien. »

Biographie de l'auteur: Serge Tisseron est psychiatre et psychanalyste. Les secrets de famille sont un de ses principaux objets d'étude. Il a découvert celui de Hergé par la seule lecture de Tintin (1983) plusieurs années avant que ce secret soit confirmé. Il a publié notamment Tintin et les secrets de famille (1992), Secrets de famille. Mode d'emploi (1996) et un ouvrage destiné aux enfants Le Petit Livre pour bien vivre les secrets en famille (2006). Dans la collection « Que sais-je ? », il est également l'auteur de La résilience.


Une histoire parallèle

Il y a en effet dans “Tintin” beaucoup de choses étranges : la ressemblance de Dupond et Dupont, qui ne sont pourtant pas frères ; la transformation de Haddock au fil des albums ; le dénouement pratiquement incompréhensible de certaines histoires, comme “le Trésor de Rackham le Rouge”… En étudiant toutes ces bizarreries, j’ai finalement acquis la conviction qu’une seconde histoire secrète courait derrière le déroulé " officiel " des personnages de Hergé, et que ce mystère masquait les souffrances d’un garçon né de père inconnu, mais illustre. J’ai également émis l’hypothèse que Hergé – pour avoir si bien bâti ce niveau souterrain tout au long de son œuvre – devait avoir vécu quelque chose de semblable. Ce secret n’était pas proprement le sien, mais l’auteur y avait été confronté enfant, et son œuvre témoignait des questions qui en découlaient pour lui. Sur tout cela, j’ai écrit “Tintin chez le psychanalyste”.

Tintin, ou comment réinventer sa vie

Quand j’ai émis cette hypothèse, en 1981, on ne savait rien de la vie de Hergé. Tout cela aurait pu rester sans suite, mais des journalistes ont découvert, quelques années plus tard, que ce secret avait vraiment existé dans la famille de Hergé ! Son père, Alexis Remi, était, en effet, né de père inconnu, mais d’origine probablement illustre ! En plus, la réalité révélait grand nombre de rebondissements : le père de Hergé avait un frère jumeau, Léon, et tous deux – élevés au sein d’une modeste famille – avaient eu leurs études et leurs vêtements offerts par une comtesse vivant dans un véritable château !

D’un côté, on a donc des faits historiques dont on n’aura jamais la clef. Même si, un jour, des enquêtes génétiques révèlent l’identité du grand-père de Hergé, on ne connaîtra jamais précisément l’enfance d’Alexis et Léon, l’éducation qu’ils ont reçue, ce qui leur a été dit et ce qu’ils ont eux-mêmes raconté à Hergé. Puis, d’un autre côté, on a l’œuvre que Hergé a construite à partir de ce secret, qui était à l’origine celui de sa grand-mère, mais qu’il s’est approprié à partir de ce qu’il en a entendu lorsqu’il était enfant. On pourrait dire qu’il l’a réinventé à partir de tout ce qu’il a pu imaginer. Mais n’est-ce pas toujours le cas quand on est soumis à un secret de famille ?

Le secret familial

“Les Aventures de Tintin” reprennent donc, de façon souterraine, toutes les hypothèses que Hergé échafaudait, enfant, autour de ce secret familial. Dans son œuvre, il a probablement repris, pour une part, ces questions de façon consciente ; mais aussi, pour une grande part, de façon inconsciente. Dans les deux cas, le dessin a été une manière, pour lui, de garder ses questions vivantes. La Castafiore représente à la fois la mystérieuse comtesse et la grand-mère de Hergé, Marie Dewigne. Les Dupond(t) incarnent Alexis et Léon, le père et l’oncle du dessinateur. Quant à Tintin, Haddock et Tournesol, ils symbolisent trois aspects de la personnalité de Hergé – comme de tout enfant – confronté au secret familial : Tintin s’acharne à résoudre toutes les énigmes, Haddock désespère et s’enfonce dans l’alcoolisme, Tournesol se replie sur lui-même par sa surdité et la solitude de son travail.

Les dupond(t)

Les Dupond(t) sont le père et l’oncle de Hergé, Alexis et Léon. Ils sont inspecteurs de police, autrement dit enquêteurs professionnels. Ils cherchent quelque chose, semblent approcher la vérité mais ne la trouvent jamais. Les Dupond(t) échouent toujours quand il s’agit de découvrir ce qu’ils voudraient savoir. De ce point de vue, ils sont donc tout à fait comme Alexis et Léon, qui ont toujours dû se demander quelle était l’identité de leur père sans jamais la découvrir.

Là encore, Hergé crée des coïncidences troublantes. Le nom des jumeaux d’abord. Sont-ils frères ? Pourtant, ils ne portent pas le même nom. L’un s’appelle " Dupond " avec un " d " et l’autre, " Dupont " avec un " t " ? Alors, s’ils sont jumeaux, comment se nomme leur père ? S’appelle-t-il " Dupond " avec " d " ou " Dupont " avec " t " ? Les Dupond(t) auraient-ils deux pères ?… Le jeu de l’orthographe traduit une mise en scène par Hergé du mystère familial des " deux pères " d’Alexis et Léon : le géniteur secret – l’homme qui a mis Marie Dewigne enceinte – et l’ouvrier appelé Remi, qui a donné son nom aux jumeaux quand ils avaient 11 ans. Les vêtements jouent ici un rôle essentiel : ils rappellent l’importance qu’a eue, pour Alexis et Léon, le cadeau annuel d’habits neufs de la comtesse de Dudzeele. Les Dupond(t) confondent toujours le vêtement porté quotidiennement par les habitants d’une région avec leur costume folklorique. 
En revêtant ce dernier, ils attirent tous les regards sur eux, leur accoutrement révélant l’identité qu’ils veulent cacher. Les Dupond(t), ainsi montrés du doigt, ne sont-ils pas les jumeaux Alexis et Léon également montrés du doigt à cause de leurs " beaux vêtements " ?

Car ceux-ci, en contrastant avec une origine modeste, pouvaient les faire désigner comme " bâtards ", enfants naturels d’un père prestigieux… Tels Alexis et Léon, les Dupond(t) sont donc condamnés à errer sans jamais découvrir ce qu’ils cherchent, à se tromper toujours, à subir les quolibets…

La Castafiore, la clé du secret

La Castafiore est la gardienne du secret, c’est-à-dire à la fois la grand-mère de Hergé et la fameuse comtesse, du moins telles qu’il les imaginait à partir des récits familiaux puisqu’il ne les avait bien sûr jamais vues. La Castafiore est une grande dame, une diva qui, très souvent, se transforme en Marguerite, l’héroïne de “Faust” dans l’opéra de Gounod. Hergé n’a certes pas choisi cet opéra par hasard. En effet, Marguerite, issue d’un milieu modeste, s’éprend d’un homme d’une condition sociale très supérieure à la sienne… comme la grand-mère de Hergé, Marie Dewigne. Mais la comparaison ne s’arrête pas là. Marguerite accepte la séduction de Faust et tombe enceinte en dehors de tout lien marital ! Marguerite séduite, Marguerite enceinte, Marguerite abandonnée, c’est aussi le destin de Marie Dewigne…

Haddock, le nom du capitaine

La dynamique du secret explique aussi la relation entre les personnages.

Par exemple, la Castafiore parle sans arrêt pour ne rien dire, comme tous ceux qui ne veulent pas risquer d’être interrogés sur un sujet délicat auquel ils ne veulent pas répondre. Elle répond toujours à côté. Or, justement, n’est-ce pas là ce que fait toute personne qui garde un secret et désire ne pas en parler ? Enfin, s’il y a bien un domaine particulier dans lequel elle s’entend à créer la confusion, c’est sur le nom du capitaine. Dès leur première rencontre, dans “l’Affaire Tournesol”, la Castafiore hésite.

Vignette : " Mais si je ne me trompe… C’est Tintin ! Bonjour mon jeune ami !...Quelle joie de vous revoir ici !..." Puis : " Ah ! petit flatteur, vous êtes venu me féliciter de même que ce… ce pêcheur… Monsieur ?… Monsieur ? " La chanteuse ne parviendra ensuite jamais à donner au capitaine son vrai nom. Dans le seul album des “Bijoux”, elle l’appelle successivement Kappock (p. 8), Koddack (p. 9), Mastock, Kosack (p. 10), Kolback, Karbock (p. 22), Karnack (p. 23), Hablock (p. 34), Maggock (p. 55), Medock et Kapstock (p. 56) !

Mais revenons à l’histoire de Hergé. Il a dit souvent que Haddock le représentait. Or ni sa grand-mère ni la fameuse comtesse n’ont en effet jamais confié à personne le nom du père d’Alexis et Léon… Nom qui aurait dû être celui de Hergé lui-même si son père avait été reconnu. 

En ne donnant pas au capitaine Haddock son véritable patronyme, la Castafiore incarne bien la gardienne du secret. retirado do link