domingo, 4 de junho de 2017

poema do meu amigo Emmanuel sobre Chopin



Estátua de Chopin no Rio de Janeiro, Brasil.

Frédéric François Chopin, também chamado Fryderyk Franciszek Chopin (Żelazowa Wola, 22 de fevereiro ou 1 de Março de 1810 — Paris, 17 de Outubro de 1849)


L´AMI FRÉDÉRIC


Dans quel monde es-tu, Chopin,
chevauchant le feu et le vent,
courant après la douceur
des amours très impossibles ?
Où donc es-tu, ami,
frère au coeur si tendre,
à la déception divinement chantante,
parfois impatiente mais jamais
sans ailes de transcendance ?

Tes accords ont ouvert l´angoisse à l´air
et aux luminosités inhérants à leurs espaces,
mais inaperçus avant le royal avènement
de ta voyance dans l’écoute …
Tes mélodies, telles des fontaines d´émerveillement,
ont coulé sur le clavier, émergeant des deux mains

Couleurs et parfums ont envahi le piano,
avec les ornements d´Italie,
les pas graves au souffle chevaleresque
de ton inoubliable Pologne,
l´élégance d´une France à la noblesse peut-être ridée
mais toujours point décédée,
la nostalgie de toute la Terre aspirant encore - obstinément -
à se fondre dans l´haleine
des étoiles de ce paradis
jamais cru perdu : le coeur

Tout l´or du monde, ô Chopin,trésor en cascade dans tes notes d´arc-en-ciel éperdues d´amour pour le rire cristallin de Mozart - ce rire
surplombant à merveille les cimes du souffrir …,
le coulé d´arabesque qui tisse
ton ineffable rubato - orgueil des passages lents, surtout :
foyer, oserait-on dire, de constellations d´étoiles filantes,
danse du parfum des déesses au sein de l´ombre lumineuse
de tes nocturnes intarissablement étonnants,
inlassablement parés de frais,
...et proches cousins de la chaleur
où swingue l´esprit du blues ...,



Beethoven, tu l’abhorrais, paraît-il,
et, visionnaire, futuriste,
tu transmutas l´une de ses pages les plus insipides
en un rag-time des plus purs,
vivant, coloré, chaud :
l´étude en ré bémol majeur -
si mon souvenir ne m´égare ...

sans oublier, clairsemées
sur les flots de tes tempêtes endiablées,
des stations méditatives, telle cette prière du coeur :
réminiscence d´un vieux noël polonais, dit-on,
(fleurant, pour certains, l´orange),
et émergeant comme un Angélus de miracle, une trêve
parmi l´âpre frénésie où fusent les cavalcades miroitantes en furie,
dans le premier de tes scherzi ...,

sans oublier
ces jeunes filles en fleurs :
le prélude en mi bémol majeur ...,

et mille grâces encore,
point atteintes pour l´heure
par la dévotion
que te voue ma mémoire …

En un mot, Chopin,
tout l´or du monde, pas moins !
Voilà ton legs à nos coeurs fervents,

à ce monde de violence,
où, flux de silence,
ton art subjugue
le bruit et la fureur

emmanuel 
Lisboa na rua do salitre

lundi 24/novembro/1997 ; 11h13
remanié lundi 1/12/97 ; 14h 25
dimanche 19/09/04 ; 13h17
jeudi 8/05/08 ; 15h16
lundi 19/05/08 ; 15h56